Les blessures du quotidien chez le chien


L’aggravée

C’est une affection inflammatoire des coussinets plantaires du chien qui effectue de longs déplacements sur des terrains irritants pour le tissu des soles : terrains caillouteux, éteules ou chaumes, goudron des routes ramolli par la chaleur.

Il se forme au niveau des soles de véritables plaies particulièrement douloureuses et d’autant plus difficiles à guérir que l’animal est maintenu en activité.

Ce sont des lésions qu’il ne faut pas confondre avec des eczémas dont la localisation n’est pas la même, puisqu’ils intéressent les espaces cutanés situés entre les doigts ou entre les coussinets.

L’aggravée, dont l’apparition peut être brutale, est longue à guérir. Il est nécessaire de mettre le chien au repos, sur un sol meuble et sur une litière douce, en évitant le sable, le gravier, et l’humidité qui ramollit encore les tissus.

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Le traitement fait appel à des bains astringents, à l’application de pommades antiseptiques et cicatrisantes, ou à des pulvérisations de produits similaires.

La prévention consiste à maintenir l’animal sur un sol sain entretenant la dureté des surfaces cornées. Certains produits spécifiques à base de vitamine A et de corps gras protecteurs peuvent être appliqués régulièrement sur les coussinets plantaires pour en augmenter la résistance.

Les épillets

Les chiens de troupeaux sont amenés pendant certaines saisons à parcourir des terrains parsemés de graminées sauvages comme la folle-avoine dont les épillets à l’état mûr peuvent s’accrocher à la fourrure, pénétrer le revêtement cutané ou s’introduire dans des orifices naturels : les oreilles sont à ce titre privilégiées, si l’on peut dire, mais il m’est arrivé aussi de retirer de tels éléments végétaux de l’anus ou du méat urinaire.  La disposition des barbes de ces épillets leur donne la particularité, ainsi qu’à l’épi lui-même dont ils proviennent, de ne pouvoir progresser que dans un sens, et la disposition de leurs barbules leur interdit tout retour en arrière.

Dès qu’un tel élément végétal a pénétré dans l’oreille du chien et a progressé vers la profondeur du conduit auditif, le chien secoue la tête violemment, sans parvenir d’ailleurs le plus souvent, à se débarrasser du corps étranger, pour les raisons évoquées ci-dessus. L’épillet peut même, au bout de quelques jours, provoquer une otite interne par perforation du tympan.

L’intervention consiste bien sûr à extraire l’importun, ce qui peut nécessiter, même pour le vétérinaire disposant d’instruments spéciaux, d’anesthésier le chien quelque peu nerveux et d’autant plus irritable que la douleur est plus vive.

Entre les doigts de pieds, ces épillets provoquent des abcès interdigitaux, et poursuivant leur progression sous la peau, des fistules qui remontent parfois assez haut sur le membre. Leur recherche et leur extraction sont souvent laborieuses.

La prophylaxie de ces affections relève elle aussi d’un toilettage régulier, même sommaire, et particulièrement au retour du travail avant que la progression de l’objet du délit l’ait rendu inaccessible.

Les orties

Elles peuvent, surtout dans les races à poil court, provoquer par contacts répétés des phénomènes urticants. En quelques instants, l’animal ressent de soudaines brûlures et un prurit violent, surtout au niveau des parties fines et glabres de la peau : aisselles et aines, face interne des cuisses.  Il se lèche avec ardeur, augmentant l’irritation qu’il peut d’ailleurs pro- pager à l’appareil respiratoire.

Il n’existe aucune précaution valable contre ces accidents, leur traitement consistant, comme dans les autres espèces, en l’application de crèmes calmantes et désensibilisantes.

Certains cas graves par leur intensité ou leur étendue peuvent relever d’un traitement général que seul le vétérinaire peut mettre en œuvre (injections parentérales de corticoïdes ou de substances désensibilisantes).

Les envenimations

Par reptiles, insectes ou araignées, elles sont évidemment plus fréquentes chez les chiens de berger qui travaillent en extérieur.

Les morsures de vipères siègent en général aux extrémités des membres et aux lèvres. Dès la morsure, le chien manifeste la douleur par un cri ; puis il devient dolent, inquiet, et présente rapidement des tremblements plus ou moins accentués mais permanents. La région envenimée se tuméfie, devient vite douloureuse, chaude, et prend une teinte violacée. On découvre parfois les deux points d’implantation des crochets du reptile qui, parfois, sont demeurés en place.

Il convient d’intervenir vite ; le débridement de la plaie peut être plus dangereux que favorable si la région n’est pas exempte de vaisseaux sanguins, et le garrot est sans efficacité si la morsure n’est pas découverte aussitôt. L’utilisation de sérums antivenimeux est indispensable dans les plus brefs délais, sinon le chien peut mourir.

L’intervention devant être rapide, les bergers ou utilisateurs de chiens de troupeaux auront toujours intérêt à disposer de sérums antivenimeux sous forme de seringue auto-injectable ces sérums peuvent être utilisés aujourd’hui chez toutes les espèces et par conséquent pourront servir au maître aussi bien qu’au chien. Leur bonne efficacité nécessite néanmoins leur conservation à de basses températures : une boîte isotherme sera d’un grand secours.

Le chien peut être attaqué par des insectes : essaims d’abeilles, de frelons, de guêpes. Les piqûres isolées sont moins dangereuses, mais les piqûres multiples sont dramatiques, particulièrement si elles intéressent l’intérieur de la bouche, la base de la langue, le pharynx, entraînant une asphyxie rapide.

De même que pour les piqûres de serpents, un traitement général détoxiquant est nécessaire et la visite rapide chez le vétérinaire s’impose, ne serait-ce que pour éviter la confusion avec l’œdème géant de Quincke, spectaculaire enflure subite des paupières, des lèvres, de la face dont l’origine est une urticaire (contact avec certains pollens).

Les intoxications, l’ingestion de corps étrangers

Elles sont accidentelles et nécessitent toujours l’intervention aussi rapide que possible du vétérinaire. Quelle que soit la substance ou l’objet ingéré, le vomissement précoce est en effet la première mesure importante à mettre en œuvre.

L’intervention du praticien est d’autant plus nécessaire que les produits phytosanitaires qu’un chien de berger peut ingérer sont à l’heure actuelle d’une telle variété que les thérapeutiques, pour être efficaces, doivent être adaptées, et par conséquent tenir compte de la nature chimique du produit. Il conviendra toujours de se munir si possible de l’emballage du produit incriminé qui permettra au vétérinaire de faire appel, si besoin est, à un centre antipoison pour connaître avec précision la thérapeutique à mettre en œuvre.

Dans tous les cas d’intoxication, la rapidité de l’intervention s’impose et conditionne le succès. II faut une fois pour toute abandonner l’idée que le lait est un contrepoison ; bien au contraire, si la substance toxique ingérée est soluble dans les corps gras (produits phosphorés en particulier), la solubilisation dans le lait rapidement digéré aggravera l’intoxication.

Le coup de chaleur

Il s’agit d’une insuffisance cardio-respiratoire aiguë, d’apparition brutale par temps chaud, orageux, et après exposition prolongée à la chaleur, au soleil, particulièrement en cas d’efforts physiques violents.

Il s’agit de phénomènes congestifs intéressant les systèmes nerveux, pulmonaire et circulatoire. Le chien manifeste une excitation soudaine accompagnée d’halètements qui deviennent douloureux et suffocants. Les muqueuses deviennent violacées, et le chien tombe sur le sol en détresse respiratoire.

Il convient de faire appel le plus rapidement possible au vétérinaire, en menant le chien chez lui, la thérapeutique de cette affection nécessitant souvent la mise en œuvre de l’oxvgène et de perfusions. Le transport devra s’effectuer en donnant à l’animal le plus d’air et de fraîcheur possible : des glaçons placés sur le crâne pourront faciliter la survie. L’aspersion brutale d’eau froide en grande quantité est à proscrire, son usage pouvant déterminer une hydrocution encore plus foudroyante. La saignée n’est guère pratique à effectuer et donne des résultats très incertains.

Il conviendra dans tous les cas de prévoir ce genre d’accidents. Le maître doit, par ses propres réactions aux conditions atmosphériques, imaginer ce que peuvent être celles de son compagnon en pleine action, ou, ce qui n’est pas rare, confiné dans le volume restreint d’une voiture exposée au soleil, bien que garée quelques heures plus tôt à l’ombre (mais depuis Galilée, nous savons bien que le soleil tourne ! )

Les maladies infectieuses

Variées, nombreuses, elles sont le fait de tous les agents microbiens ou viraux auxquels le chien est sensible.

Les plus fréquentes, jadis d’ailleurs connues sous le terme générique de  » maladie du chien « , sont devenues exceptionnelles du fait de la généralisation des vaccinations associées contre maladie de Carré, hépatite contagieuse, leptospirose, rage, et depuis peu gastro-entérite hémorragique virale (parvovirose).

Si votre chien est bien entretenu, si les vaccinations sont faites régulièrement, ces maladies n’ont pas lieu d’atteindre votre compagnon, et leur description n’apporterait rien à cet exposé. Par contre si les vaccinations ne sont pas effectuées, votre chien peut en mourir. Le prix des vaccins ne doit pas être un frein à la non vaccination d’un animal et si c’est le cas vous n’êtes pas s’en savoir qu’il existe l’assurance animaux qui propose le remboursement des vaccins via un forfait annuel.

Est-il utile de rappeler ici que la vaccination antirabique est obligatoire, dans les départements déclarés officiellement infectés de rage, pour les chiens de troupeau ? Cette vaccination, qui doit être impérativement renouvelée chaque année, ne peut être prouvée que par la présentation d’un certificat de vaccination d’un modèle réglementaire portant le numéro d’immatriculation de votre chien, cette immatriculation étant obligatoire dans les mêmes conditions que la vaccination.


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