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Inna ESTRINA, BORZOI ROMANOVS : << page 1 << page 2 --- page 3
Inna Estrina avait d’autres facettes en cynophilie à part l’élevage de barzoïs. Elle était juge international (pour les expositions à CACIB). Elle a débuté sa carrière de juge dans les expositions nationales de lévriers de chasse. Les expositions de chiens de chasse en Russie ne ressemblent pas aux expositions "shows". Elles réunissent toujours un grand nombre de chiens par tranche d’âge (on peut avoir jusqu’à 100 chiens de la même catégorie d'âge dans un même ring). La présentation des chiens est différente aussi par rapport à celle des expositions "shows". Enfin, la formation des juges, est spécifique. Beaucoup de jeunes juges ont effectué un stage avec Inna et sont devenus ses élèves. Elle partageait avec ses élèves ses petites astuces d’appréciation des chiens qu’elle avait acquises grâce aux années d’expérience. Ses jugements se caractérisaient par son objectivité, sa connaissance profonde de la race ainsi que par sa capacité à définir correctement les priorités.  Les solutions prises par Inna lors d'un jugement, ne se faisaient toujours qu'en considérant le chien en question.

Lors de sa venue en France, en juillet 2007

Je voudrais aussi parler du sérieux avec lequel Inna examinait tous les chiens dans son ring, quelques soient leurs qualités. Je pense que chaque propriétaire de Barzoï qui, au moins une fois, a soumis son chien au jugement d’Estrina, s’en souvient. 
Inna était aussi connue en Russie comme juge de travail. Seul Dieu sait combien de kilomètres de campagnes et de routes champêtres russes elle a parcouru, y compris au volant d’un véhicule tout-terrain, en tant que juge de chasse. Pour participer aux épreuves de chasse, on invitait le juge Estrina dans les coins les plus reculés du pays. Combien d’histoires amusantes et enrichissantes elle a raconté !..  Chaque chasseur russe qui chasse avec les barzoïs a entendu parlé d’Inna Estrina.

Inna Estrina était quelqu’un de très créatif, et elle aimait bien écrire sur les barzoïs. Bien qu'elle ne soit pas une spécialiste de la littérature, elle est devenue membre de l’Union des Journalistes de Russie. Elle écrivait sur l’histoire du Barzoï, sur les barzoïs eux-mêmes et sur leurs maîtres. Elle décrivait les situations, tantôt curieuses, tantôt dramatiques, dans lesquelles ils se retrouvaient parfois. On peut trouver certains de ses récits sur son site "www.borzoi-romanovs.ru", les autres dans les magasines cynophiles. Inna travaillait au conseil de la rédaction de "Vestnik" (organe officiel de la R.K.F.), elle était rédacteur en chef du magazine sur les barzoïs "Svora", rédacteur adjoint du grand magazine cynophile illustré "Otétchestvennoïé Sobakovodstvo" (littéralement : "L'Elevage National des races canines").

Inna Estrina était non seulement un éleveur inné de Barzoïs, elle était aussi quelqu’un de rare, d’énergique, d’attentif et de disponible. Même les gens qu’elle connaissait à peine ou ne connaissait pas du tout pouvaient s’adresser à elle, un professionnel reconnu, pour un conseil ou pour obtenir de l’aide. Elle trouvait toujours le temps et la possibilité d’aider, elle offrait la chaleur de son cœur avec une remarquable générosité. Parmi les amis d’Inna, chacun pourra confirmer que la rencontre avec une telle personnalité était un bonheur, et que le fait de la perdre a créé une immense plaie qui se cicatrise difficilement…

A partir de l’année 2008, le Club International Russe du Barzoï organisera une fois par an une exposition en mémoire d’Inna. On y remettra en récompense un challenge (coupe) portant le nom d’Inna Estrina au plus beau et plus remarquable Barzoï de l'exposition.
Mila Panteleeva (Barzoïs "Vega Shelk")

(Traduction russe-français : Yana Moshko-Adreit)
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Remarque : dans cet article l'affixe d'Inna Estrina est soit "Romanovs"soit "Borzoi Romanovs" car lors de l'entrée de l'Urss au sein de la F.C.I., Inna a été contrainte de modifier le nom de son élevage.