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Vous connaissiez le Barzoï comme chien de compagnie, bête de show, passionné par la course, parfois amateur d’agility, mais saviez-vous qu’il pouvait aussi être étoile de la Piste ???


Au moment où le comédien Jean Richard nous quitte en cette fin de l'année 2001, c’est l’occasion de nous souvenir que les Barzoïs ont traversé sa vie…
Jean Richard était un passionné du cirque et il lui consacra la deuxième partie de sa vie. A la fin de la saison 1971, il se lançait dans LA grande aventure en faisant l’acquisition du cirque PINDER, qui devint sous sa houlette le cirque PINDER-Jean RICHARD…

En 1975, le cirque PINDER-Jean RICHARD sillonnait les routes de France, avec à son programme, un numéro de dressage de barzoïs présenté par Barbara Mascott Hoccheger. C’était apparemment la première fois que des barzoïs étaient présentés dans un numéro sur la Piste en France et il attira en son temps beaucoup d’admirateurs enthousiastes, connaisseurs ou non de cette race.

Les photos d'amateur qui illustrent ces souvenirs ont été prises lors d'une prestation à Toulouse la même année.



A cette époque, Barbara Hochegger avait 9 barzoïs (1 femelle et 8 mâles) d’origines allemande, suisse et russe. En déplacement avec le cirque, les chiens étaient logés dans une caravane remorque spécialement aménagée pour les recevoir, et abondamment garnie de paille fraîche.
Le numéro en lui-même laissait une impression inoubliable. Barbara travaillait sans fouet pratiquement et sans cravache. La meute déboulait dans l’arène en ordre serré et faisait le tour de la piste au grand galop. Il s’en dégageait une force, une beauté et une élégance, qui faisait frémir le public d’émotion.

C’était un spectacle très beau, émouvant même, dont j’ai gardé un souvenir enthousiasmé.

(d’après une lettre de M. de Rochefort).

La présentation en elle-même comportait deux parties :
1° - de la haute école :
- marche au pas Espagnol,
- tour de piste les deux pattes de devant se déplaçant en quiconce sur la barrière de l’arène, les deux pattes de derrière se déplaçant sur le sable,
- marche par petits bonds successifs en position dressée, les pattes de devant ne touchant pas le sol.
2° - des sauts :
- sauts successifs pardessus des compagnons échelonnés tout autour de la piste
- sauts par-dessus 5 chiens alignés côte à côte
- sauts d’obstacles groupés et individuels pardessus une barrière
- sauts individuels à travers un cerceau tenu à bout de bras par Barbara à une hauteur de 2m30.



Dans une lettre adressée à Geneviève Abbé (et traduite de l’allemand par celle-ci), Barbara Hoccheger évoquait longuement le cirque, le numéro qu’elle avait mis au point, sa vision personnelle des barzoïs et les rapports qu’elle entretenait avec eux :

« le Barzoï aime beaucoup les enfants et ne grogne jamais après eux ; en tous cas, je n’ai jamais rencontré une chose pareille. Leur gentillesse peut aller aussi loin qu’ils laissent un canari se promener sur leur nez… comme le fait ma chienne.
Pour dresser un barzoï, que ce soit pour le cirque ou pour un quelconque autre travail, il faut en premier lieu déterminer son caractère. On ne peut comparer ces chiens avec aucune autre race, car il s’avère toujours qu'en ce qui concerne la « façon d’être », ils ressemblent davantage au chat qu’au chien.
Ils sont très rarement méchants, ou seulement si on leur a trop demandé, ou encore si l’exercice sollicité est au-dessus de leurs capacités. Et pourtant, avec beaucoup de patience, énormément d’amour et de compréhension, alliés à une certaine dose de sévérité, on peut obtenir beaucoup d’eux.
Le fait d’utiliser un fouet comme moyen d’intimidation doit être tout-à-fait proscrit du dressage du Barzoï. Au manège, j’utilise cependant un fouet, mais sa seule fonction est de donner des indications, car la musique et les bruits émanant du public couvrent ma voix.
Mes chiens travaillent donc sans peur et dans la joie. Essayant toujours de jouer au plus fort, il leur arrive de faire des fautes le soir, lors de la représentation. Alors le « tour » est repris dans la journée, par des exercices appropriés.
Chaque chien même lorsque son dressage est terminé, est sorti quotidiennement du chenil pour s’exercer à de petits actes d’obéissance à la voix ou au geste, tels que : « assis », « couché », « debout »…
Evidemment, pour le cirque, une éducation approfondie est essentielle, et je la commence très tôt. A 3 mois, mes chiots sont obéissants et viennent à mon appel sauf s’ils jouent ; mais ce ne serait pas très gentil de les arracher à leurs jeux. Ils se laissent aussi prendre sans grogner tout ce qu’ils ont en gueule, que ce soit un os ou un bas. Les jeunes cherchent à mordiller et à déchirer tout ce qui est à leur portée. Il ne faut pas être trop sévère sur ce point, car avec l’âge ils deviendront les êtres les plus calmes et les plus doux qu’il soit.
A lâge de 8 mois, je commence le dressage proprement dit. Il est rare qu’il me faille plus de 3 mois pour inclure un Barzoï dans mon numéro, mais à 11 mois il ne leur est rien demandé de difficile et les fautes éventuelles sont pardonnées.
Les barzoïs de Barbara au repos.


A 2 ans, , ils sont fins prêts pour leur numéro, et peuvent sauter impeccablement jusqu’à une hauteur de 2 mètres et plus. Je n’ai jamais cherché à connaître leurs limites car je cherche bien évidemment à ménager leurs pattes.
Le « clou » de mon numéro est un « passage » auquel (vous ne me croirez sans doute pas) j’ai dû consacrer 3 années de dressage pour le mettre au point tel qu’il est présenté maintenant par et avec le mâle qui l’exécute. A ce jour, je n’ai pas trouvé un autre individu capable de réaliser ce numéro. Il nécessite en effet une bête extrèmement fiable, et tout animal ne s’y prête pas.
Il faudrait autant que possible laisser les barzois dehors quelque soit le temps, car cela leur garantit une fourrure magnifique. Par contre, les casaniers ont souvent un poil court et pauvre. La beauté de la fourrure dépend également de la nourriture, et je voudrais vous conseiller ainsi qu’à tous les amis des barzoïs d’ajouter à la viande, plutôt que du riz, de l’avoine écrasée juste portée à ébullition, qui leur est très bénéfique. Cela rend vigoureux, ne donne pas de graisse inutile et embellit la fourrure.
Mon expérience qui est grande à la matière ne se limite pas aux seuls barzois car j’ai eu à dresser des boxers (que j’aime beaucoup) et une quantité de petits bâtards, aussi bien que des chiens de Berger. J’aide également mon mari au dressage des chevaux, zèbres, éléphants, et de tout ce qui marche sur quatre pattes.
Mais il me faut vous dire que le dressage de tous ces animaux n’est qu’un jeu d’enfant, si on le compare à celui de cette chère Tête de Bois, belle, orgueilleuse, aristocratique, et intelligente par dessus le marché, que l’on nomme : BARZOI. »

Compilation D. Laurent-Faure - Photos Dominique Faure (décembre 2001)


En plus de ses talents de dresseur, Barbara Hoccheger possède un joli talent de dessinatrice humoristique. Elle a «croqué » à un certain nombre de reprises les Barzoïs dans différentes situations. Nous aurons certainement l’occasion de publier sur le site quelques-uns de ses dessins. En attendant, vous pouvez retrouver son « barzoï dominant le monde » en illustration de la rubrique « Se promener sur le Net ».