Quand le Barzoï se met à obéir ?

exercice "en avant" + couché en situation immobile (envoyer le chien devant le maître à 20 m environ, ici dans un carré)
exercice position couché à distance
photo de gauche : position assis à distance
photo de droite : blocage debout lors de la marche au pied
exercice reprise du chien qui ne doit pas anticiper le retour du maître.
Comme beaucoup de personnes, j’avais dans l’idée qu’un lévrier était «indressable», si je peux dire ainsi mais je me suis vite aperçue que c’était loin d’être le cas : mon 1er barzoï, Magnum de Kalianpo étant un modèle d’obéissance (nous avons même surpris les adhérents d’un club canin où se pratique l’obéissance et le mordant).

Lorsque j’ai eu ma femelle barzoï, à 3 mois, l’éleveuse m’a dit : «Ho! avec celle là, je ne garantis pas la télécommande, connaissant les parents, ce serait même le contraire !» (vous en souvenez-vous Danielle ?).
Roksana du Cot-Régnier, puisqu’il s’agit d’elle, s’est révélé un chiot très à l’écoute et d’une extrême sensibilité, tout à fait à l’inverse de Magnum. Bien que n’étant pas une fan de club canin, je me renseigne tout de même au club le plus proche, où je trouve une ambiance chaleureuse et sympathique, alors j’inscris ma chienne à 4 mois. Elle sait déjà s’asseoir et a quelques notions de « pas bouger », et au fil du temps, elle devient moins craintive. L’agility ne lui pose aucun problème, même si elle touche déjà la partie supérieure du tunnel, au contraire, elle compte bien nous démontrer lors de mémorables « pétages de plomb » combien elle cours vite sur 3 tours de terrain et qui m’aime me suive !

Le temps fait son affaire et elle trouve très rigolo de venir au club le lundi après-midi et le samedi matin, d’ailleurs quand je prépare le sac où se trouvent ses affaires, elle se couche à côté pour que je ne l’oublie pas, sait-on jamais…

Et donc je me retrouve, moi aussi prise par la passion, à préparer ma chienne pour le concours d’obéissance niveau classe 1 :
- absence du maître pendant une minute,
- saut d’une haie (aller et retour, sans que le maître ne bouge),
- suite en laisse au pied, avec changements de direction et des demi-tours,
- la même chose, mais sans laisse,
- envoi en avant,
- rapport d’objet,
- identification et rapport d’un objet touché par le maître,
- rester sur place, debout pendant la marche, jusqu’à ce que le maître revienne,
- positions assis et coucher à distance,
- rappel.
Et le tout, s’il vous plaît dans la joie et la bonne humeur, car à la différence des disciplines de mordant (ring, RCI… où la rigueur est demandée), le chien doit montrer son bonheur à exécuter les ordres de son maître (et oui, c’est noté).

Hormis le rapport d’objet qui nous pose problème, Roksana réussit le reste à la quasi perfection (même l’envoi en avant, qui pose des problèmes à beaucoup de chien en concours).

Un brevet d’obéissance a été mis en place récemment, se résumant à une classe 1 allégée (pas de rapport d’objet ni d’envoi en avant) :
Nous nous sommes donc inscrites au concours d’obéissance d’Auch, organisé dans le cadre de l’exposition le 07 juillet dernier et nous avons obtenu le brevet d’obéissance avec 96 points sur 100, laissant derrière nous des malinois, dobermann… Et surtout, la Présidente du club canin organisateur m’a dit : « on veut vous revoir en concours, niveau classe 1 ! »… Tu as compris Roksana, il va falloir travailler les rapports d’objets ! ! !

Roksana est bien dans sa tête, ce qui est pour moi l’essentiel et reste un lévrier avant tout : elle a obtenu son 1er CACP lors de sa première PVL à Narbonne le 23 juin, se réservant aussi le luxe d’avoir fait le meilleur pointage du jour toutes races confondues ! ! !

Photo ci-dessus : Swanie (9 mois, berger australien), Indra (grand caniche), Nanook (croisée border collie) et Roksana absence du maître, immobilité pendant une minute.
Beaucoup de propriétaires de barzoï savent que ces lévriers sont réceptifs à une éducation bien menée, car il est évident pour ceux qui les connaissent qu’on ne peut pas les éduquer de la même façon q’une race bergère ou utilitaire. J’ai eu la chance de travailler dans un club qui m’a fait confiance et m’a laissé éduquer ma chienne comme je l’entendais, et j’ai pu compter sur leur soutien lors de nombreux moments de découragement (merci Françoise). Le niveau compétition demande un travail quasi quotidien (5 à 10 minutes par jour suffisent, je ne suis pas une esclavagiste !), dans la rigueur mais surtout dans la douceur, la joie, la bonne humeur…

Mais ce qu’il faut retenir dans tout cela, je le dis surtout pour les personnes qui n’éduquent pas leurs lévriers par choix, et pour lesquels je vais passer pour une vile esclavagiste, c’est que j’ai une réelle fierté à montrer aux détracteurs des lévriers que ce chien qui a la réputation d’être bête ne l’est pas du tout et peut même parfois surpasser un malinois ou un berger allemand sur son terrain.

Catherine Codron (juillet 2002)





Un autre barzoï qui s'adonne à l'agility :

Roy de Nicolas de Russie
à Mme Raimbault.